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5.2.3   Le carbone dans les sols organiques Sujet précédent Sujet parent Sujet fils Sujet suivant

Le GIEC fournit des méthodes de niveau 1 pour estimer les émissions et les absorptions de CO2 sur les sols minéraux associés aux transitions de:
  • forêt en utilisations de terre non forestière ce qui équivaut à un déboisement,
  • autres utilisations des terres à forêt.
La méthode de niveau 1 suppose que la densité du stock de carbone des sols minéraux sur des terres qui ont été des forêts pendant au moins 20 ans sera égale à la densité du stock de carbone du sol minéral dans la végétation native pour le type de climat et l'écosystème concerné. En cas de transition ou passage à une autre utilisation des terres, la densité du stock de carbone du sol minéral sur la nouvelle utilisation des terres en question, sera la valeur du coeficient de changement du stock de carbone relatif qui dépend de l'utilisation des terres, du niveau d’exploitation et du climat. Après la transition entre les utilisations des terres, du carbone est émis ou absorbé sur une période de transition de 20 ans au moment où la nouvelle valeur du carbone est supposée être atteinte.
Au niveau 1 d’analyse, le GIEC présume que les stocks de carbone des sols minéraux ne changent pas pour les terres qui restent utilisées en terres forestières. Pour les sols organiques drainés, le GIEC fournit des coefficients d'émissions/absorptions qui dépendent du climat et de l'écosystème et qui produiront des émissions tant que la terre est drainée et que le carbone organique reste. Les tableaux qui abordent ces questions dans les orientations du GIEC sont listés dans le Tableau 15 et le Tableau 16.
Lorsque les émissions liées au sol sont essentielles (Chapitre 2, Section 2.2.3), les pays devraient choisir d’appliquer des méthodes de niveau plus élevé. Développer des estimations de variation temporelle des stocks de carbone dans le sol en utilisant un échantillonnage répété sur le terrain est difficile. En effet, les stocks de carbone du sol sont importants et variables dans l'espace et il est presque impossible de détecter les changements qui sont généralement de petite taille (de quelques pourcentages seulement du stock total), alors qu’un échantillonnage intensif et coûteux est entrepris. Au lieu de cela, pour le niveau 1, les stocks de carbone de référence par défaut sont utilisés (les stocks de carbone dans la végétation native et les facteurs de changement des sols C par défaut), les multiplicateurs traduisant l'effet des pratiques de gestion et d'utilisation des terres. Avec le niveau 2, la méthode est la même, mais les valeurs par défaut sont remplacées par des valeurs propres à chaque pays. Les méthodes de niveau 3 utilisent la modélisation détaillée des dynamiques du sol C, ce qui nécessite des données d'étalonnage et de validation détaillées et des investissements importants, à long terme, pour leur développement.
Quelle que soit l'approche utilisée, les cartes des sols sont nécessaires en combinaison avec les coefficients de variation du carbone du sol ou des modèles plus complexes. Certaines cartes peuvent déjà être détenues par des organisations agricoles travaillant sur les forêts, mais leur résolution spatiale peut avoir besoin d'être améliorée à partir d’autres études des sols avant de pouvoir être appliquées aux activités REDD+. Peu de cartes des sols n’existent pour les nombreuses zones forestières tropicales inaccessibles, elles ont alors une faible résolution spatiale. Cela est particulièrement vrai pour la tourbe et d'autres sols riches en carbone, qui sont des sources importantes d'émissions de carbone dues à l'oxydation biologique ou la perturbation de la forêt qui suit un feu. Barthelmes et al., (2015) fournissent de précieux conseils sur comment les cartes existantes combinées avec la télédétection peuvent fournir des substituts sur la végétation et topographiques utiles, et les nouvelles études sur le terrain peuvent être efficacement intégrées pour cartographier les sols organiques des forêts tropicales à des échelles utiles pour les prises de décision en matière de gestion.
Au niveau 1, le supplément du GIEC sur les zones humides de 2013 S'ouvre dans une nouvelle fenêtre fournit des coefficients d'émissions/absorptions par défaut pour les GES non-CO2 associés aux processus indiqués dans le Tableau 16 ci-dessous:
Dans certaines conditions, de l’oxyde nitreux (N2O) peut s’échapper des sols. Les émissions peuvent être directes (provenir de processus d’exploitation des sols locaux) ou indirectes (provenir de dépôts atmosphériques de N ou apport de N, lié à un lessivage ou ruissellement autrepart). Les émissions de N2O augmentent suite à l'ajout d'engrais azotés ou de toute pratique d’exploitation forestière qui augmente la disponibilité d'azote inorganique dans les sols. Le GIEC(1) fournit des indications sur la façon d'estimer les émissions de N2O de sols exploités qui se recoupent avec les orientations des GPG 2003 (voir le Tableau 17 ci-dessous).
Les émissions de N2O ne représentent généralement pas une catégorie clé pour les forêts, sauf si une grande quantité d'engrais azoté a été utilisée sur les terres; ceci combiné avec la complexité de l'estimation des émissions de N2O signifie que la plupart des pays utilisent des approches de niveau 1 à moins qu'ils aient entrepris des études sur le terrain répétées pour démontrer que les coefficients par défaut du GIEC ne sont pas appropriés à leur situation.
Les données d'activités nécessaires pour utiliser l'approche de niveau 1 sont la quantité d'engrais azoté utilisé et d'autres amendements organiques ajoutés, et une estimation de la surface des terres à laquelle l'activité de gestion a été appliquée. Le GIEC donne des coefficients d'émission de niveau 1 pour les émissions directes et indirectes de la zone exploitée identifiée (à savoir des données d'activité).

Tableau 15: Liste des tableaux dans les orientations du GIEC sur les coefficients d’émissions et absorptions associés au stock de carbone des sols

Paramètres
Orientations pour de bonnes pratiques de 2003
Lignes directrices de 2006
Supplément sur les zones humides de 2013
Stock de carbone de référence du carbone organique des sols minéraux
Coefficients de variation du stock de carbone relatifs
Coefficients d'émissions/absorptions des sols organiques drainés et réhumidifiés
Changements dus aux feux
--
--
Stocks de carbone issus du sol dans les mangroves
--
--
Notes: a) Les coefficients d’émissions/absorptions dans le tableau 2.2 du Supplément sur les zones humides S'ouvre dans une nouvelle fenêtre estiment les émissions de CO2 du carbone dans l’eau s’échappant des sols organiques drainés et réhumidifiés. b) Les coefficients d’absorptions et d’émissions dans le tableau 3.1 du Supplément sur les zones humides S'ouvre dans une nouvelle fenêtre correspondent aux sols organiques réhumidifiés. c) Ce tableau fournit des densités de carbone pour les sols non perturbés. Le carbone dans les sols prélevés est présumé, par défaut, s’oxyder durant l’année d’extraction.

Tableau 16: Liste des tableaux dans les orientations du GIEC sur les coefficients d’émissions et d’absorptions associés aux émissions autres que le CO2 du sol

Paramètre
Tableaux du Supplément de 2013 sur les zones humides
Émissions et absorptions de CH4 des sols organiques drainés et réhumidifiés à l’intérieur des terres
Émissions et absorptions de N2O des sols organiques drainés à l’intérieur des terres
Émissions et absorptions de CO2 et CH42 provenant des feux sur des sols organiques drainés à l’intérieur des terres
CH4 et N2O provenant des mangroves
N2O provenant de l’aquaculture dans les mangroves
CH4 provenant des sols minéraux réhumidifiés

Tableau 17: Liste des tableaux dans les orientations du GIEC sur les coefficients d’émissions et d’absorptions associés aux émissions directes et indirectes de N2O du sol

Paramètres
Orientations pour de bonnes pratiques de 2003
Lignes directrices de 2006
Coefficient d’émissions/absorptions lié aux émissions directes de N2O des sols exploités
1,25 % de N appliqué
Coefficient d'émissions/absorptions lié aux émissions indirectes de N2O provenant des sols exploités
 

 (1)
Voir GPG 2000, sections 4.7 et 4.8 S'ouvre dans une nouvelle fenêtre du chapitre 4. La partie correspondante dans les GL 2006 se trouve dans le chapitre 11 du Vol 4 S'ouvre dans une nouvelle fenêtre.